Bahreïn (A.P.Hawzah)– l’Association bahreïnienne des droits de l’homme (BFHR) a soumis deux rapports au Comité des droits de l’homme des Nations unies (CCPR). Cette initiative s’inscrit dans le cadre des travaux de la 146e session du Comité, prévue du 20 octobre au 6 novembre 2026, et vise à contribuer à l’élaboration de la « liste des points à traiter avant la soumission du rapport » concernant le Royaume de Bahreïn.
Le premier rapport examine l’évolution de la situation des droits civils et politiques à Bahreïn ainsi que les faits que l’association affirme avoir documentés entre le 2 janvier et le 22 août 2026. Il analyse également les restrictions législatives et les mesures liées aux obligations de Bahreïn au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Selon les données de l’association, le rapport recense 825 arrestations qualifiées d’« arbitraires » ainsi que 374 convocations. Il aborde également des dossiers relatifs à la liberté d’expression, à la liberté de réunion, à la liberté de religion, à la participation politique, aux disparitions forcées, à la torture et à la déchéance de nationalité. Le document comprend en outre une série de recommandations et de questions proposées au Comité des Nations unies concernant les mesures législatives et pratiques nécessaires pour garantir le respect des dispositions du Pacte et assurer la protection des droits et libertés fondamentaux.
Le second rapport, quant à lui, a été élaboré par l’Association bahreïnienne des droits de l’homme en coopération avec le Centre international de soutien aux droits et aux libertés (ICSRF). Il se concentre sur l’arrestation, la détention et le jugement de religieux chiites au cours de l’année 2026, ainsi que sur les restrictions imposées aux institutions et aux pratiques religieuses jaafarites et sur la conformité de ces mesures avec les obligations de Bahreïn découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Ce rapport conjoint documente l’arrestation de 59 religieux entre le 6 mars et le 24 juin 2026. Il indique notamment que 44 d’entre eux ont été arrêtés en une seule journée, le 4 mai 2026, après des descentes menées à leur domicile. Le rapport aborde également des allégations de mauvais traitements, de contraintes, de menaces et d’insultes visant la religion, ainsi que les garanties relatives au droit à un procès équitable et au droit des accusés d’avoir accès à un avocat et d’être informés des procédures judiciaires engagées à leur encontre.
Le rapport évoque également les restrictions imposées à la vie religieuse des chiites et aux institutions jaafarites, notamment les mesures concernant la gestion des waqfs jaafarites, des husseiniyas, des mawkibs et des cérémonies et rites religieux. Il souligne que 53 husseiniyas ont annoncé l’annulation de leurs cérémonies de deuil à la suite des mesures et restrictions imposées au cours du mois de juillet 2026.
Les deux rapports demandent au Comité des droits de l’homme de soulever ces dossiers auprès des autorités bahreïniennes et d’adopter des mesures visant à garantir le respect de la liberté de religion, de conviction, d’expression et de réunion, ainsi que le droit à un procès équitable et la protection contre la torture, les mauvais traitements et la discrimination, conformément aux obligations de Bahreïn au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.




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